Good girls are happy/and satisfied.
I won't stop asking/ Until I die.

jeudi 26 mai 2011

Si tu savais comme rien à foutre...

Je suis tombé amoureux du nouvel album d'Alex Beaupain.
(Mais bon. Vous savez ce que c'est, les histoires d'amour.)

Il vient juste de sortir, son nouveau disque, et il s'appelle "Pourquoi battait mon coeur".

C'est bel et bien de la chanson. Mais c'est de la chanson qui se bat les couilles de passer à la radio et chez Daniela Lumbago. Ce que j'apprécie dans ce disque , c'est qu'Alex Beaupain a mis une chouette production, pop, classe, et actuelle, au service de textes qui sont loin d'être consensuels. Ca sonne bien, on tape du pied, les mélodies se mémorisent facilement. Mais en fait, quand on écoute les paroles : quel bordel, ce type !
Et c'est probablement pour ça que ça m'a touché. Parceque les déclarations de certitudes triomphantes, ou encore les énervement politiquement corrects, y'en a marre.
("Je veux mourir la main sur le coeuuuuuur". " OK. Plein de gens meurent la main sur le coeur. Ca s'appelle une crise cardiaque.)

Mais bon, ici, Alex Beaupain fait preuve d'une franchise désarmante. Au fil des chansons, il se dévoile sentimental, infréquentable, passionné, démissionnaire, enthousiaste , désabusé, serein, puis flippé...
De quoi s'y reconnaître.

Mes morceaux préférés :

Le morceau d'ouverture "De tout sauf de toi", qui donne le ton : Arrangements accrocheurs, mélodie simple et instantanément familière.... Pourtant le thème est tellement usé : une rupture, un manque. Mais le texte est construit autour de variations ludiques sur le champ lexical du "rien à foutre", à la fois drôles et désespérantes, parceque bon, on a tous ressenti ça un jour ! Une chanson bien pop, douce-amère, voisine de palier du "Grand sommeil" de Daho , et de "Fort Alamo", de Murat (Comme on dit dans les Inrocks)

j'aime beaucoup , aussi : "Au départ". Une chanson qui met en parallèle l'aventure de la Gauche Française avec celle d'une histoire d'amour. Les histoires d'amour, ça commence comme le 10 mai 81, puis ça passe par des phases ou le FN arrive au second tour. Puis ça finit...heu... Ce petit jeu de mirroirs jette aussi des reflets en forme de clin d'oeils aux gens qui ont vécu ces années...(Entre autres une allusion musicale appuyée à Taxi Girl)

Dans "Je réponds toi" , Alex Beaupain revient tristement sur les valeurs fondatrices de notre pays.Une chanson où il démonte travail, et famille, et patrie. Où il évoque son écoeurement face à leur martellement systématique . Dans cette chanson, il met en balance le réconfort que peut apporter un amour, face au vide , au flou, d'un discours officiel qui veut prendre toute la place. Et il ose formuler un truc, aussi, sur lequel aucun chanteur Français ne s'aventure jamais : Des fois, le collectif, l'interêt commun, on s'en bat les couilles. On se désolidarise. On laisse les autres se démerder avec leurs valeurs à la con. On essaie de recoller les morceaux pour soi. On pense à sa geule. On pense à son amour, pour quelqu'un. Et ça nous paraît tellemnt plus tangible que ce discours national où on ne trouve pas sa place.
C'est pas Souchon, qui chanterait ça. Ni Cabrel. ni...ni...


J'ai été suppris par "Sur toute la ligne" , chanson explicitement sexuelle, où Beaupain se tape tout ce qui bouge. Filles ou garçons, peu importe le flacon, tant que ça se passe sur la ligne 2 du métro! Dans la même veine, "La nuit promet" raconte, par petites touches, des nuits de débauche dans une ambiance...heu...boueuse. "La nuit promet d'être sale". Mais "la pluie du matin nous lavera de tout."


Grosse surprise, aussi , que de se retrouver, soudain, nez-à-nez avec la voix de...Camelia Jordana ! Et ouais, il y a un duo, là-dessus. C'est énervant. Mais comme la chanson est construite comme un petit film, et qu'elle est bien écrite, ben...je t'embrasse, et ça passe !

"Un culte insensé" semble tout droit sortie d'un des derniers albums de Daho. Trop, peut-être...

Mais j'ai vraiment été cueilli, en fin d'album, par la toute dernière chanson :
"A nos amours".
Après ces court-métrages, où toute douleur était remise à sa place, grâce à une idée musicale, une référence, ou un effet de style...ici,une tristesse, une solitude, palpables, transparaissent. L'arrangement est faussement dépouillé . (On croit à un piano-voix , mais en fait non. Y'a des cordes, et ensuite des choeurs, discrets.) Les mots sonnent juste. Quelque chose se passe. Et cette chanson m'a fait un truc. En fait j'ai versé une petite larme. (SORRY, OK !)


En tout cas, écoutez ce disque, jugez par vous-même. Et , pour une fois, écoutez-le dans l'ordre , et en entier, sans faire quinze trucs en même temps , ça serait sympa et ça vaut le coup.

C'est un album.

2 commentaires:

CyrO a dit…

P'tain, t'as sur me donner l'envie là.
Je vais tenter d'écouter ça.

D'ailleurs as-tu écouté le magnifique second opus de (histoire, en plus, de faire un clin d'oeil au titre d'un de tes derniers billets) JP Nataf, "Clair" ?

Je crois n'avoir jamais autant écouté un album français, à part peut-être ... "Post-Partum" justement !

En tous les cas merci pour le conseil qui va être exploité séance tenante :)

Anonyme a dit…

my tou
g envie
mais g pas le temps
d'écouter
pourquoi pourquoi ?
ça a l'air bon comme du beau pain
et on l'aime d'amour, non ? depuis les chansons d'amûûûr

alors je vais entendre, je vais cliquer ...
merci pour ce post et pour les autres bien sûr