Good girls are happy/and satisfied.
I won't stop asking/ Until I die.

mercredi 1 février 2012

Here comes the flood.

Cher journal...

Aujourd'hui je suis détendu et zen. Ca fait même plusieurs jours que je suis détendu et zen.
Ce qui commence à passablement m'angoisser.

Parceque, ces derniers jours j'ai vécu des trucs que je ne souhaite à personne. Mais ça va. Et je suis à la limite de trouver ça louche. Le fait que ça aille quand même, je veux dire.

Pour faire court : Je viens de vivre un cauchemar, dans la nuit de samedi à dimanche.

Je revenais d'une soirée où il fut beaucoup question d'Apple, de l'application Shazam, et de Lana Del Rey. Revenu à la maison, fatigué, donc. Mais pas particulièrement bourré, et heureusement!!!
Quand soudain, vers 2.45 du matin, alors même que je faisais un petit pipi avant d'aller au lit...

Mon ballon d'eau chaude s'est suicidé.

...200 litres d'eau se sont mis à se déverser dans mon appartement, comme ça d'un coup, avec la pression maximale pour que ce soit bien spectaculaire.C'est simple, ça atteignait le mur d'en face.
J'ai à peine eu le temps de comprendre ce qui arrivait, quand les plombs ont sauté (ce qui m'a probablement sauvé la vie), et je me suis retrouvé dans le noir total, trempé , avec cette fontaine qui se déversait sans relâche. Parceque ce motherfucker de ballon d'eau chaude avait beau se vider, il n'en continuait pas moins à se remplir pour compenser. Donc à se vider.
Dans le noir, j'ai pataugé , à genoux dans la flotte pour trouver le robinet d'arrivée d'eau , mais rien à faire, pas moyen de mettre la main dessus. J'ai fait des aller-retours d'une pièce à l'autre avec des bougies que la flotte éteignait. Je glissais régulièrement pour me retrouver le cul dans l'eau. Et l'eau montait. Ma salle de bains était innondée. Ma cuisine aussi, rapidement. Puis je compris que l'eau foutait aussi le camp sur le palier. J'allais engloutir tout l'immeuble !!!

J'étais à quatre pattes, dans l'eau, pour trouver ce P..... de robinet , dans le noir total, comme un con, à 3.00 du matin, et ça durait , et l'eau ne voulait pas s'arrêter de jaillir. J'avais peur. Je ne pouvais qu'IMAGINER les dégâts, et j'étais incapable de les empêcher. J'en aurais pleuré.

Au lieu de ça, j'ai eu une impulsion irrationnelle.
Totalement trempé, à cette heure de la nuit, en plein hiver, j'ai décidé de sortir de chez moi pour trouver... Je sais pas. De l'aide. N'importe quelle aide.
Elle s'est présentée sous la forme d'une patrouille de trois flics. Quand je leur ai sauté dessus, ils m'ont regardé bizarrement.
Je dois les remercier ici, vraiment.
Je les ai convaincu de venir chez moi, et, grâce à leurs lampes-torches, ensemble, nous avont enfin réussi à trouver le moyen d'arrêter l'eau. MERDE,quoi, nous avons ARRETE L'EAU !!!

Puis ils m'ont laissé. Dans un appart dévasté, sans lumière.
J'ai glandouillé un moment, passant de la cuisine à la salle de bains, hagard, les bras écartés, dans un bruit de "splosh-splosh-splosh"... J'avais froid. J'ai réussi à me changer dans le noir. Heureusement que je suis un être d'habitudes, qui sait exactement où se trouvent ses affaires...
Puis je suis ressorti. Je ne pouvais pas rester, et de toute façon, je ne pouvais rien faire avant d'y voir plus clair, avant le jour. Alors j'ai marché dans les rues, jusqu'à tomber. J'avais mon portable alors j'ai appelé mon assureur au milieu de la nuit. Je me réfugiais dans les cafés, quand ils étaient ouverts. J'attendais le matin.

Au matin je suis rentré. Il faisait un peu jour, pas complètement.
Mais j'ai eu un choc. Vraiment.
Je me suis demandé si je n'étais pas en train de devenir fou.

Parceque dans mon appart, il n'y avait pas d'eau.

Oh, quelques flaques, encore, dans la salle de bains. Dans la cuisine. Mais sur le palier: plus rien.
C'est là que j'ai compris que l'eau n'était plus chez moi. Parce qu'elle était ailleurs. Elle était passée EN DESSOUS!

OH GOD. J'ai donc attendu l'heure d'ouverture des commerces. (Dans ma rue, ils ouvrent le dimanche). Et j'ai chopé la gérante de la parfumerie en dessous de chez moi alors qu'elle allait ouvrir son magasin. Je lui ai expliqué. On est descendus dans sa boutique...et on a constaté les dégâts.
Magasin innondé. Informatique totalement noyée, et la moitié de ses produits invendables.
Elle aurait pu avoir envie de me tuer. Elle a été adorable.
Elle n'a pas pu ouvrir, ce jour-là. On a passé la matinée à se prendre la tête pour comprendre comment un constat de sinistre à l'amiable pouvait bien se remplir. On en a chié devant ces questions débiles des formulaires.




On est mercredi soir. Ce soir.

La gérante de la parfumerie se bat avec son assurance. Mon propriétaire se bat avec la sienne, et moi avec la mienne. La parfumerie devrait bien s'en tirer, ils ont une assurance béton. La gérante m'a dit : quand ça sera fini, on ira boire un verre.
Le proprio m'a dit : je vous fait changer votre ballon d'eau chaude le plus vite possible, et je prend ça à ma charge.

On est mercredi soir.
Depuis samedi soir, je n'ai plus d'eau. Mon appart est dégueulasse à cause de l'innondation, et ça sent une sorte d'odeur métallique de tuyaux. Je n'ai plus d'eau chaude. Ni froide d'ailleurs. Je n'ai plus d'eau . Les trucs que j'ai utilisé le soir du sinistre pour éponger tant bien que mal(les serviettes de bain, les fringues que j'avais sous la main) tout est en train de moisir.
Avant de partir au travail, je me lave en faisant chauffer de la Cristalline, et je finis ma toilette avec des lingettes pour bébé. Bon, j'exagère, je suis allé prendre une ou deux douches chez mon meilleur pote. Lui aussi, d'ailleurs, je ne saurais trop le remercier. Il m'a hébergé le lendemain soir du "drame" . Il m'a fait la popote pour que je mange bien, il m'a réconforté, il m'a offert son matelas gonflable de la mort. Et surtout, il m'a fait rire. I Love you, buddy :-)

Whatever.

Pfff... quelle galère. Maintenant, je voudrais juste retrouver le cours normal de mon existence. J'aimerais bien avoir de l'eau, ici, à nouveau. Remettre mon appart en état. Pouvoir me laver, me raser, me faire cuire des nouilles , sans avoir à acheter un pack d'eau minérale.

C'est là que je me rends bien compte que tout ce que je prends pour acquis est extrêmement fragile. La chaleur du foyer. L'eau courante, chaude, à toute heure.
Des murs protecteurs et SECS. La tranquilité.

Tout ça peut être remis en question comme ça, d'un coup. Et encore, dans mon cas, je sais très bien que ce n'est que provisoire. Pour d'autres ça ne l'est pas.
Ils se retrouvent comme moi l'autre soir, dans la rue, glaçés, sans endroit où rentrer. Sauf que pour eux ça va durer.

Je m'égare.
Ca ne m'a pas rendu altruiste pour autant. Je ne fais toujours rien pour les sans-logis. Soyons honnête. J'ai entrevu leur souffrance et je me suis dit : "Oh, putain, les pauvres..." Tout en sachant que moi, j'allais finir par rentrer au chaud. Je sais, c'est moche. C'est moche. C'est moche. C'est moche.

En attendant, je n'ai toujours pas récupéré l'eau dans mes robinets.
On est donc mercredi soir, et le sinistre a eu lieu samedi soir. Ca fait donc quatre jours. c'est trop.

Là j'en ai marre.


Ce qui est bizarre, pour boucler avec le début de cet article interminable , c'est que, malgré tout, ça va. Je ne suis pas déprimé. Je ne pleure pas. Je n'écoute pas l'album de Lana Del Rey en boucle. Je me suis occuppé de tout en temps et en heure. J'ai affronté les assureurs, j'ai envoyé des gens se faire foutre, j'ai géré les priorités. Comme j'avais vu les gens le faire en cas de crise, quand j'étais gamin. Comme j'avais vu les gens le faire.

Les adultes.

2 commentaires:

Matoo a dit…

Bravo pour ta réaction !! Désolé. :-//

Anonyme a dit…

ah, les adultes ... oui